habitat-pc-sos.fr
Blog   FAQ   Glossaire   Carte   SIGNAL•PC
Dossier 2026 — Culture Gitans, Voyageurs

2026 : la nouvelle génération Voyageurs, Roms, Gitans porte ses revendications

Zor s'organise, députée Soudais légifère, les sociologues documentent — la nouvelle génération sur trois fronts

Mémoire (proposition de résolution sur le génocide des Roms et Voyageurs portée à l'Assemblée), habitat (caravane = logement, accès APL), éducation (trêve scolaire). Trois revendications convergentes, portées par la nouvelle génération de cultures nomades.

Article 84 1er juin 2026 10 min de lecture

Une convergence rare, à quatre voix

En 2026, le dossier des cultures Gitans, Voyageurs administrés « Gens du voyage » sort de l'angle mort médiatique. La jeune génération s'organise dans le collectif Zor (article Mediapart du 22 mai), une députée de Seine-et-Marne (Ersilia Soudais) porte trois textes au Parlement, des sociologues comme William Acker documentent depuis 2021 ce que les pouvoirs publics n'exploitent pas, et une littérature militante émerge (Ritchy Thibault chez Libertalia, mars 2026). Trois revendications convergent simultanément : la mémoire du génocide, la reconnaissance de la caravane comme logement, et la trêve scolaire pour les enfants du voyage.

Cet article décrit la convergence factuelle de quatre acteurs distincts en 2026 : un collectif d'auto-organisation (Zor), une députée (Soudais), une littérature militante (Thibault, Libertalia), une base de connaissance (Visionscarto/Acker, 2021). habitat-pc-sos.fr n'est pas porte-parole : nous documentons l'écosystème depuis l'angle PC•HNO, l'habitat non-ordinaire, dont la caravane résidentielle est une composante centrale. Toutes les sources citées sont publiques ; tous les liens externes valorisent les voix d'origine.

1. Une nouvelle génération qui s'organise : le collectif Zor

Le 22 mai 2026, Mediapart consacre un article au collectif Zor« Antitsiganisme : une nouvelle génération de Roms et Voyageurs se lève pour faire entendre ses droits » — structure d'auto-organisation issue de la jeune génération Roms, Gitans, Manouches, Sintis, Yéniches et Voyageurs en France. Le mot zor, en romani, signifie « force ». Le collectif articule trois revendications simultanées, qu'il porte en son nom propre et non par procuration associative :

  • Reconnaissance mémorielle : le génocide des Roms et l'internement administratif des Voyageurs nomades dans les camps français entre 1940 et 1946 (Montreuil-Bellay, Jargeau, Linas-Montlhéry, etc.).
  • Reconnaissance de la caravane comme logement : ouverture des aides au logement (APL), de la trêve hivernale et des protections de droit commun aux résidents permanents en caravane.
  • Trêve scolaire : dispositif protégeant la scolarité des enfants du voyage contre les ruptures imposées par les déplacements administratifs et les expulsions saisonnières.

Cette architecture à trois fronts est cohérente avec les analyses sociologiques publiées ces dernières années : l'antitsiganisme français ne se réduit pas à un préjugé individuel, il structure simultanément la mémoire (silence officiel jusqu'en 2026), l'habitat (qualification juridique défavorable de la caravane) et l'éducation (taux de scolarisation effondré au collège). Reprendre les trois en même temps, c'est traiter le dispositif d'ensemble, pas l'une de ses faces.

📚 Lecture de fond — Ritchy Thibault, Voleurs de poules ! (Libertalia, mars 2026)

Le livre de Ritchy Thibault, paru aux Éditions Libertalia en mars 2026, porte en sous-titre « Le combat de la jeunesse rom contre l'antitsiganisme ». Il documente la trajectoire militante de la nouvelle génération : jeunesse Roms scolarisée, politisée par l'expérience directe des aires d'accueil, des contrôles policiers et des expulsions. C'est l'un des premiers ouvrages français écrits depuis l'intérieur de la culture Roms par un.e auteur.e issu.e de cette communauté : à mettre côte à côte avec l'ouvrage canonique de William Acker (Éditions du Commun, 2021) pour cadrer l'ensemble.

Le collectif Zor n'attend ni mandat associatif extérieur ni autorisation institutionnelle : il parle en son nom. Cette posture d'auto-représentation est le marqueur le plus visible du changement générationnel — et le préalable à toute alliance horizontale avec d'autres acteurs.

2. Une députée qui légifère sur les trois fronts : Ersilia Soudais

Ersilia Soudais est députée de Seine-et-Marne (groupe La France insoumise), et présidente du groupe d'études « Gens du voyage » à l'Assemblée nationale. Sur son site officiel ersiliasoudais.fr, elle expose trois textes parlementaires qui couvrent — point par point — les trois revendications du collectif Zor.

2.1 — PPR « Génocide des Roms et Voyageurs » : déposée, en attente d'inscription à l'ordre du jour

La proposition de résolution transpartisane portant reconnaissance du génocide des Roms, Sintis, Gitans, Manouches, Yéniches et Voyageurs a été déposée à l'Assemblée nationale (texte n° 2583, 25 mars 2026) et attend son inscription à l'ordre du jour. Une résolution n'a pas valeur normative directe (à la différence d'une loi) : si elle est adoptée, elle inscrit la position officielle de la chambre. Son objet : la reconnaissance du génocide des Roms — estimé entre 250 000 et 500 000 victimes en Europe selon les travaux historiens (sources USHMM, Holocaust Memorial Day Trust) — et l'instauration d'une journée nationale de commémoration le 2 août. Ce texte répond à l'une des trois revendications centrales du collectif Zor : rompre un silence institutionnel qui dure depuis 80 ans.

2.2 — PPL « Trêve scolaire pour les enfants du voyage »

La proposition de loi instaurant une trêve scolaire vise à protéger la continuité de scolarisation des enfants du voyage : l'enjeu est de découpler le calendrier des déplacements (ou des expulsions imposées) du calendrier scolaire, afin que les enfants ne perdent pas leurs droits à l'inscription, à la cantine, au transport ou au CIO du jour au lendemain. C'est le pendant éducatif de la revendication « trêve hivernale » pour l'habitat : une trêve de droit sur un calendrier fixe, opposable aux préfectures comme aux mairies.

2.3 — PPL « Habitat léger en matériaux bio-sourcés (bois, terre, paille) »

La proposition de loi sur l'habitat léger en matériaux bio-sourcés — bois, terre, paille — porte sur la reconnaissance juridique des constructions écologiques alternatives. Elle déborde explicitement le périmètre Gens du voyage pour rejoindre celui, plus large, de l'habitat non-ordinaire (HNO) : c'est l'un des rares textes parlementaires français en 2026 qui aborde de front l'incompatibilité entre les Plans Locaux d'Urbanisme (PLU) restrictifs et l'habitat léger durable. Sur ce point précis, le travail de la députée converge avec la matière documentaire de habitat-pc-sos.fr (voir notamment notre article 75 sur la réglementation HNO par typologie).

🔑 Une architecture parlementaire à trois étages

Une proposition de résolution déposée (mémoire), deux propositions de loi (éducation, habitat). Trois textes, trois fronts, une seule cohérence : les revendications du collectif Zor ont — fait rare — leur correspondance exacte dans l'agenda parlementaire d'une députée en exercice. Le dossier est mûr.

3. Une base de connaissance ouverte, peu exploitée par les pouvoirs publics

Depuis avril 2021, une base de données open-source recense, département par département, les aires d'accueil des Gens du voyage en France. Elle est publiée sur Visionscarto.net, co-portée par le juriste William Acker (délégué général de l'ANGVC) et le cartographe Philippe Rivière (Visionscarto). L'ouvrage qui l'accompagne, Où sont les « gens du voyage » ? Inventaire critique des aires d'accueil (Éditions du Commun, 2021), reste la référence française sur le sujet.

Les chiffres établis par cet inventaire — accessible librement depuis cinq ans — sont sans appel :

  • 952 aires d'accueil (70 %) sont isolées des zones résidentielles.
  • 698 aires (51 %) sont implantées à proximité directe d'installations polluantes (décharges, autoroutes, usines, lignes haute tension) : ce que William Acker qualifie de racisme environnemental.
  • 83 % des aires sont isolées des services publics (école, mairie, médecin, transports).
  • 1 358 aires d'accueil au total en France — mais seulement 12 départements sur 95 sont en règle avec la loi Besson du 5 juillet 2000 (qui impose pourtant aux communes de plus de 5 000 habitants la mise à disposition d'une aire).
  • Devant le Parlement européen le 1er octobre 2025, William Acker rappelait que 80 % des Plans Locaux d'Urbanisme français interdisent l'installation d'une caravane résidentielle sur terrain privé, et que l'espérance de vie des Voyageurs est inférieure de 10 à 15 ans à la moyenne nationale.
  • Plus large : 208 000 personnes mal-logées en France relèvent de la catégorie « Gens du voyage ».

Le fait remarquable n'est pas tant l'existence de ces chiffres — ils sont publics depuis 2021 — que leur très faible mobilisation dans le débat public et législatif. La base est en accès libre, exportable au format CSV, réutilisable par tout chercheur, journaliste, élu ou administration. Elle est pourtant restée largement inexploitée par les pouvoirs publics pendant cinq ans. La résurgence actuelle du dossier — par Zor, par Soudais, par Thibault — pourrait enfin lui donner la visibilité que sa qualité méthodologique justifie depuis longtemps.

4. Trois revendications qui se renforcent mutuellement

Mémoire, habitat, éducation. Les trois axes ne sont pas indépendants : ils se tiennent et se justifient ensemble. La cohérence interne du dossier 2026 est ce qui le rend opérationnel.

4.1 — La mémoire ouvre les autres droits

Tant que le génocide des Roms et l'internement des Voyageurs français restaient officiellement inavoués, les revendications contemporaines pouvaient être lues comme des demandes catégorielles parmi d'autres. La proposition de résolution portée en 2026 vise précisément à changer ce cadre : dès lors que la représentation nationale reconnaît publiquement que l'État français a participé — directement ou par concours administratif — à un dispositif persécutoire historiquement documenté, les politiques publiques contemporaines ne peuvent plus être discutées en dehors de cet horizon. La mémoire ne ferme pas le débat, elle l'ouvre.

4.2 — L'habitat conditionne l'éducation

Une famille déplacée tous les 15 jours par arrêté municipal ne peut pas scolariser ses enfants dans la durée. Une trêve scolaire perd son sens si la trêve hivernale ne s'applique pas en parallèle aux résidences en caravane. La reconnaissance de la caravane comme logement (et l'accès aux APL et à la trêve qui en découlent) est donc le verrou qui débloque mécaniquement la stabilité scolaire. Sur ce point précis, la caravane résidentielle et toutes les autres typologies d'habitat non-ordinaire (yourte, tiny house, résidence démontable, mobil-home) relèvent d'une seule et même reconnaissance à conquérir : nous y revenons en section 6.

4.3 — L'éducation prépare la sortie de l'invisibilité

La nouvelle génération Zor, scolarisée, politisée, publiée (Thibault chez Libertalia, mars 2026), est elle-même l'effet d'une scolarisation que ses aînés n'ont pas toujours pu obtenir. Sécuriser la trêve scolaire pour la génération suivante, c'est garantir que cette montée en compétence se poursuive — et que les voix internes à la communauté continuent de se faire entendre dans le débat public, sans interprètes ni porte-parole extérieurs.

🟢 Une cohérence rare

Il est inhabituel — y compris sur des dossiers anciens — que les trois faces d'un problème social (mémorielle, matérielle, éducative) soient instruites simultanément, par les mêmes acteurs, en moins de douze mois. C'est ce qui rend l'année 2026 stratégique. Le terrain n'est pas seulement mûr : il est cohérent.

5. Des voix départementales structurées : l'exemple de l'ADGVC44

Au-delà du collectif national Zor et des textes parlementaires Soudais, le dossier 2026 est aussi porté localement par des structures associatives ancrées. En Loire-Atlantique, l'ADGVC44 — Association départementale des Gens du voyage citoyens (créée en 2005) articule depuis vingt ans un travail de plaidoyer juridique, de défense des résidents d'aires d'accueil et de transmission mémorielle. Sa campagne « Caravane, ton univers impitoyable » noue précisément les deux fronts qui structurent le dossier 2026 : la mémoire de l'internement des nomades en Loire-Atlantique pendant la Seconde Guerre mondiale (camp de la Forge) et le combat présent pour la reconnaissance de la caravane comme logement de plein droit. C'est la voix interne, la première à consulter avant tout cadrage médiatique extérieur. Des structures équivalentes existent dans la majorité des départements ; elles forment le maillage de terrain sur lequel s'appuient et Zor, et la députée Soudais, et les recherches universitaires.

6. Une demande républicaine de reconnaissance HNO — pour tous.tes, sans aucune discrimination

Le cadrage médiatique dominant traite deux dossiers séparés. D'un côté, les « Gens du voyage » avec leurs aires d'accueil, la loi Besson, l'antitsiganisme. De l'autre, les « habitants alternatifs » avec leurs yourtes, leurs tiny houses, leurs résidences démontables, leurs choix écologiques. Cette frontière n'existe pas. Elle est une commodité administrative et journalistique. Elle n'est ni un fait juridique, ni un fait sociologique, ni un fait républicain.

Ce constat se vérifie au-delà de nos frontières. Un référentiel public belge — L'habitat léger : une quête de sens de l'habiter, Maison de l'Urbanisme du Brabant wallon (2023) — observe que les trois populations habituellement distinguées (Voyageur.se.s, habitant.e.s de zones de loisirs, « alternatif.ve.s ») « tendent à se confondre » : d'ancien.ne.s voyageur.se.s s'établissent en habitat fixe, des « alternatif.ve.s » réinvestissent d'anciennes roulottes. La frontière que l'administration trace sur le papier n'efface pas les nécessités de la vie réelle que subit la population.

La France est une République indivisible (article 1er de la Constitution). Les Voyageurs nomades, les Voyageurs sédentarisés, les habitant.e.s d'éco-lieux, les agriculteurs en yourte, les saisonniers en mobil-home, les retraités en résidence démontable, les jeunes adultes en tiny house, les paysans en caravane sur leur ferme — toutes et tous sont des citoyen.ne.s français.e.s qui choisissent ou subissent un habitat non-ordinaire. Leurs cultures matérielles diffèrent — caravane familiale héritée pour les uns, yourte mongole adaptée pour les autres, tiny house artisanale ou mobil-home écologique pour d'autres encore — mais leur statut civique est identique et leur demande de reconnaissance est unique.

Toute la machinerie administrative qui les contraint est, point pour point, la même :

  • Mêmes PLU restrictifs — 80 % interdisent l'installation d'une caravane résidentielle sur terrain privé (chiffres William Acker, Parlement européen, 1er octobre 2025). La même règle frappe le caravanier Voyageur et l'agriculteur en résidence démontable.
  • Même doctrine CAF sur la qualification d'un habitat léger comme « logement décent » — arrêt Contival, Cour de cassation, 8 mars 1989. Le même obstacle bloque l'APL pour la caravane familiale et pour le mobil-home écologique.
  • Même jurisprudence sur la proportionnalité de l'expulsion — arrêt Winterstein c. France (CEDH, 2013, article 8) et arrêt Piedon (Cour de cassation). La même protection couvre indifféremment la caravane des Voyageurs et la yourte des éco-lieux.
  • Même verrou local de la domiciliation qui conditionne en pratique l'accès au RSA, à l'AME, à la carte d'identité et au compte bancaire — pour toutes les typologies de HNO, sans exception.

Reconnaître que la caravane est un logement, c'est, du même geste juridique, reconnaître que la yourte, la tiny house, la résidence démontable, le mobil-home écologique sont également des logements. Inversement, durcir le droit contre une typologie — comme le fait la PPL 25-459 « Lutte contre la cabanisation » adoptée par le Sénat le 6 mai 2026 — durcit le droit contre toutes. Il n'y a pas deux fronts à mener parallèlement : il y en a un seul, qui ne sait pas se subdiviser sans s'affaiblir.

🇫🇷 République indivisible, HNO indivisible

La PPL Habitat léger Bois-Terre-Paille portée par Ersilia Soudais est, à ce titre, l'un des leviers les plus opérationnels du dossier 2026 : elle ne sépare pas les publics, elle traite la matière (le matériau, le mode constructif). Elle est, par construction, aussi utile aux Voyageurs résident.e.s qu'aux agriculteur.rice.s en yourte ou aux retraité.e.s en résidence démontable. C'est ce qu'une politique publique de reconnaissance HNO devrait toujours faire : traiter le droit, pas l'origine.

La spécificité culturelle des Voyageurs — itinérance traditionnelle, organisation familiale élargie, transmission orale, mémoire vive de la persécution — mérite d'être respectée et protégée comme patrimoine immatériel français. Mais cette spécificité culturelle ne fonde aucune frontière juridique entre HNO Voyageur et HNO sédentaire. Les cultures sont diverses ; le droit est un, et la République est une.

habitat-pc-sos.fr se positionne dans cet ensemble unique comme maillon numérique humble : carte temps réel des Points•Chauds, veille juridique automatisée, signalement gratuit (SMS au 076 76 55 776), sans porte-parolat ni hiérarchie entre publics. La voix d'origine — celle de Zor, d'ADGVC44, du collectif DA SO VAS pour les Voyageuses, celle des habitant.e.s HNO sédentaires sur leur propre terrain — reste la priorité. Notre outillage est un complément technique, pas un substitut éditorial. Une seule République, plusieurs cultures, un seul droit HNO à conquérir.

7. Pourquoi 2026 est une année charnière

Trois indicateurs convergents font de 2026 un point d'inflexion du dossier :

  1. Octobre 2025 : William Acker intervient devant le Parlement européen — eurodéputés et commissaire européen au logement — sur le mal-logement des Voyageurs en France. La séquence est documentée par Reporterre en mars 2026 (tribune « Tiny houses valorisées, caravanes discriminées »).
  2. Mars 2026 : parution de Voleurs de poules ! de Ritchy Thibault aux Éditions Libertalia. C'est la première publication française grand public écrite depuis l'intérieur de la jeune génération Roms.
  3. 25 mars 2026 : dépôt à l'Assemblée nationale de la proposition de résolution transpartisane sur le génocide des Roms et Voyageurs (texte n° 2583) portée par Ersilia Soudais. La séquence parlementaire s'ouvre ; le texte attend son inscription à l'ordre du jour.
  4. 22 mai 2026 : Mediapart publie son enquête sur le collectif Zor. La visibilité médiatique nationale est acquise.
  5. Juin 2026 : les deux propositions de loi Soudais (Trêve scolaire, Bois-Terre-Paille) entrent dans leur phase d'instruction parlementaire.

Tous ces jalons sont publics, vérifiables, et — surtout — articulés entre eux. C'est cette articulation qui distingue 2026 des séquences précédentes (rapport ECRI 2022, condamnation CEDH Winterstein 2013) où les éléments étaient présents mais dispersés. En 2026, les acteurs se parlent — ou, à tout le moins, ils travaillent dans la même direction au même moment.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le collectif Zor ?

Zor est un collectif d'auto-organisation de la jeune génération issue des cultures Roms, Gitans, Manouches, Sintis, Yéniches et Voyageurs en France, dont la structuration est documentée par un article de Mediapart paru le 22 mai 2026. Le collectif articule trois revendications simultanées : reconnaissance mémorielle (génocide des Roms et internement des Voyageurs pendant la Seconde Guerre mondiale), reconnaissance de la caravane comme logement (accès aux APL et à la trêve hivernale), et trêve scolaire permettant aux enfants du voyage de stabiliser leur scolarité. C'est une démarche portée par les concerné.e.s eux/elles-mêmes, distincte des associations d'accompagnement extérieures.

Qui est Ersilia Soudais et que porte-t-elle au Parlement sur ce dossier ?

Ersilia Soudais est députée de Seine-et-Marne (groupe La France insoumise), présidente du groupe d'études « Gens du voyage » à l'Assemblée nationale. Selon son site officiel ersiliasoudais.fr, elle porte trois textes convergents sur ce dossier en 2026 : (1) une proposition de résolution transpartisane portant reconnaissance du génocide des Roms, Sintis, Gitans, Manouches, Yéniches et Voyageurs et instauration d'une journée de commémoration le 2 août (texte n° 2583, déposé le 25 mars 2026, en attente d'inscription à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale) ; (2) une proposition de loi instaurant une trêve scolaire pour les enfants du voyage ; (3) une proposition de loi sur l'habitat léger en matériaux bio-sourcés (bois, terre, paille). Cette triple architecture parlementaire couvre les trois fronts portés par le collectif Zor : mémoire, éducation, habitat.

Que documente la base de données Visionscarto sur les aires d'accueil ?

La base de données open-source publiée en 2021 sur Visionscarto.net par William Acker (juriste, délégué général de l'ANGVC) et Philippe Rivière (Visionscarto) recense de manière exhaustive les aires d'accueil des Gens du voyage en France, département par département. Elle établit notamment que 952 aires (70 %) sont isolées des zones résidentielles, 698 aires (51 %) sont implantées à proximité directe d'installations polluantes (décharges, autoroutes, usines), 83 % des aires sont isolées des services publics, et seuls 12 départements sur 95 sont en règle avec la loi Besson de 2000. La base existe en accès libre depuis avril 2021 mais demeure peu exploitée par les pouvoirs publics.

Pourquoi la cause Voyageurs et celle de l'habitat non-ordinaire (HNO) relèvent-elles d'une seule et même demande de reconnaissance ?

Parce qu'il n'y a pas deux causes, mais une seule. La France est une République indivisible (article 1er de la Constitution) : les Voyageurs nomades, les Voyageurs sédentarisés, les habitant.e.s d'éco-lieux, les agriculteur.rice.s en yourte, les saisonnier.e.s en mobil-home, les retraité.e.s en résidence démontable sont tou.te.s des citoyen.ne.s français.e.s qui choisissent ou subissent un habitat non-ordinaire (HNO). Leurs cultures matérielles diffèrent ; leur statut civique est identique. La même machinerie administrative les contraint indistinctement : PLU restrictifs (80 % interdisent la caravane résidentielle sur terrain privé selon les chiffres William Acker / Parlement européen 2025), même doctrine CAF sur la qualification du logement décent (arrêt Contival 1989), même jurisprudence CEDH article 8 (Winterstein 2013), même verrou de la domiciliation. Reconnaître que la caravane est un logement, c'est par le même geste juridique reconnaître la yourte, la tiny house, la résidence démontable, le mobil-home écologique. Inversement, durcir le droit contre une typologie (PPL 25-459 anti-cabanisation, adoptée le 6 mai 2026) durcit le droit contre toutes. Le mouvement Zor et la défense HNO sédentaire ne convergent pas : ils sont une seule et même demande de reconnaissance républicaine.

Problèmes sur une aire d'accueil, expulsion, PLU qui bloque votre caravane ? La carte des Points•Chauds aide aussi les Voyageurs et les Gitans. Vous n'êtes pas seul.e.

Signaler votre Point•Chaud déclenche notre aide immédiate.

Formulaire Point•Chaud — 2 min · anonyme · gratuit

Le HNO n'est pas du « mal-logement ».

Exemple : un tiers de l'habitat-camping (enquête G. Lion, Vivre au camping, 2024) est responsable et utile dans la crise du logement.

Pour aller plus loin — les voix d'origine et les sources de première main

habitat-pc-sos.fr renvoie vers les acteurs concernés. Ces liens sortants priment sur toute médiation par notre site :

  • Site officiel de la députée Ersilia Soudais — détail des trois textes parlementaires 2026 : ersiliasoudais.fr
  • ADGVC44 — Association départementale des Gens du voyage citoyens de Loire-Atlantique : adgvc44.fr
  • Ritchy Thibault, Voleurs de poules ! (Éditions Libertalia, mars 2026) : editionslibertalia.com
  • William Acker, Où sont les « gens du voyage » ? Inventaire critique des aires d'accueil (Éditions du Commun, 2021 — téléchargement gratuit chez l'éditeur) : editionsducommun.org
  • Base de données ouverte des aires d'accueil GdV en France (William Acker + Philippe Rivière, Visionscarto, 2021 — carte interactive + export CSV) : visionscarto.net/aires-d-accueil-les-donnees
  • ANGVC — Association Nationale des Gens du Voyage Citoyens : angvc.fr
  • Mediapart — « Antitsiganisme : une nouvelle génération de Roms et Voyageurs se lève pour faire entendre ses droits » (22 mai 2026), lecture de référence sur la nouvelle génération : mediapart.fr
Sources et vérifications :
— Mediapart, « Antitsiganisme : une nouvelle génération de Roms et Voyageurs se lève pour faire entendre ses droits », 22 mai 2026 : lien.
— Ersilia Soudais, site officiel : https://ersiliasoudais.fr/ (PPR transpartisane reconnaissance du génocide des Roms, Sintis, Gitans, Manouches, Yéniches et Voyageurs + journée de commémoration du 2 août, texte n° 2583 déposé le 25 mars 2026, en attente d'inscription à l'ordre du jour ; PPL Trêve scolaire ; PPL Habitat léger Bois-Terre-Paille ; présidente du groupe d'études Gens du voyage AN).
— Ritchy Thibault, Voleurs de poules ! Le combat de la jeunesse rom contre l'antitsiganisme, Éditions Libertalia, mars 2026.
— William Acker, Où sont les « gens du voyage » ? Inventaire critique des aires d'accueil, Éditions du Commun, avril 2021 (téléchargement gratuit).
— William Acker & Philippe Rivière, Inventaire des aires d'accueil GdV en France, Visionscarto, 2021 : https://www.visionscarto.net/aires-d-accueil-les-donnees
— William Acker, intervention devant le Parlement européen, 1er octobre 2025 (chiffres 208 000 mal-logés, 1 358 aires, 80 % PLU restrictifs, espérance de vie −10 à −15 ans).
— Tribune Reporterre « Tiny houses valorisées, caravanes discriminées », mars 2026.
— Cour européenne des droits de l'homme, Winterstein c. France, 17 octobre 2013, n° 27013/07 (article 8 CEDH / Gens du voyage).
— Cour de cassation, arrêt Contival, 8 mars 1989, confirmé par réponse ministérielle du 22 avril 1996 (un mobile-home immobilisé constituant la résidence principale peut ouvrir droit à l'APL, sous conditions de décence).
— Loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des Gens du voyage (dite loi Besson).
— ADGVC44, site officiel, et vidéo « Caravane ton univers impitoyable ».

Signalez votre Point•Chaud = On se joint à vous.

Expulsion, arrêté municipal, pression administrative, PLUi déclassement — signalez votre situation sur la Carte France. Nous nous joignons à vous.

→ Signaler sur la Carte 100 pages d'infos HNO 2026