Être reconnu prioritaire DALO ne suffit pas. Des centaines de milliers de personnes attendent un relogement depuis des années. La loi vous permet d'obtenir réparation — jusqu'à 1 000 € par personne et par année d'attente. Guide complet 2026.
M. A a déposé sa première demande de logement social en 2003. Il a été reconnu prioritaire DALO en 2021 — dix-huit ans plus tard. En 2024, toujours pas de logement. Il a saisi le tribunal administratif pour "carence fautive de l'État". En juin 2025, le tribunal lui a donné raison et condamné l'État à lui verser des dommages et intérêts. Ce recours existe depuis 2007. La grande majorité des personnes qui y ont droit ne le savent pas.
La loi DALO (Droit au Logement Opposable, 5 mars 2007) a créé un droit révolutionnaire sur le papier : toute personne mal logée ou sans logement peut saisir une commission de médiation départementale. Si elle est reconnue prioritaire, le préfet doit lui proposer un logement adapté dans un délai légal.
Ce délai est de 3 mois dans les zones tendues (Île-de-France, DOM, grandes métropoles) et de 6 mois dans les autres départements.
Dans les faits, ces délais sont massivement dépassés. En Île-de-France, l'attente moyenne après reconnaissance DALO dépasse plusieurs années. Des personnes attendent depuis dix, quinze ans. L'État reconnaît l'urgence et… ne relogeait pas. Jusqu'à ce que des avocats et associations découvrent un recours méconnu : le recours indemnitaire.
"L'État, garant du droit au logement décent, est titulaire d'une obligation de résultat. Sa carence engage sa responsabilité." — Jurisprudence constante du Conseil d'État depuis 2012
Les deux recours sont distincts et cumulables. Vous pouvez demander en même temps que le préfet vous relogeât et que l'État vous indemnise pour les années perdues. Attention : il n'y a pas d'appel possible en matière DALO — le tribunal administratif statue en premier et dernier ressort.
Ces montants sont indicatifs. Le juge apprécie souverainement chaque situation. Un avocat spécialisé peut affiner l'estimation selon vos justificatifs.
Situation : famille reconnue prioritaire DALO, logée depuis plus de 12 ans dans un hôtel social puis un logement de transition. Préjudice matériel (surcoût de l'hôtel) + préjudice moral de l'attente.
Situation : logement non suroccupé, pas d'insalubrité caractérisée. Mais attente de 18 ans avant reconnaissance et absence totale de proposition après décision DALO. Carence fautive de l'État retenue.
Une requérante reconnue prioritaire DALO n'est pas relogée malgré un jugement d'injonction. Elle saisit la Cour de Strasbourg pour violation du droit à un procès équitable (article 6 CEDH).
Un point crucial et méconnu : être finalement relogé ne vous prive pas du recours indemnitaire. Si le relogement est intervenu avec retard — et "avec retard" signifie après le délai légal de 3 ou 6 mois — vous pouvez quand même saisir le tribunal administratif pour la période pendant laquelle vous avez attendu.
Le juge ne peut pas rejeter votre demande au motif que vous avez finalement été relogé. Il devra examiner la période d'attente et les préjudices subis pendant cette période. Cette règle est posée par la jurisprudence constante du Conseil d'État.
"Le prioritaire DALO non relogé qui supporte un loyer disproportionné à ses ressources peut demander une indemnisation prenant en compte ce préjudice financier." — Jurislogement, Note juridique recours indemnitaire DALO
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