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Charles de Gaulle recommande d'habiter léger : les dégâts du propriétarisme, dont le saccage actuel des relations sociales

Quand l'esprit de Résistance et le refus de la "société mécanique" légitiment notre choix de l'Habitat Non-Ordinaire (HNO) ... pourtant détruit illégalement par l'administration.

20 mars 2026 · habitat-pc-sos.fr · 4 min de lecture

Charles de Gaulle : deux preuves de son leg visionnaire pour une société meilleure : savoir habiter léger

Quand l'esprit de Résistance et le refus de la "société mécanique" légitiment l'option sociale intelligente de l'Habitat Non-Ordinaire (HNO).

Il peut paraître audacieux de convoquer le fondateur de la Ve République pour défendre l'habitat léger. Pourtant, la pensée de Charles de Gaulle recèle deux fulgurances majeures qui fondent, politiquement et moralement, le combat mené par Clément David : la critique du propriétarisme aliénant et l'exigence de la participation citoyenne.

1er Leg : "Les possédants sont possédés par ce qu'ils possèdent"

L'hostilité de l'administration envers l'habitat léger s'enracine souvent dans le dogme de la propriété immobilière traditionnelle. Or, le Général de Gaulle portait un regard extrêmement lucide sur l'aliénation matérielle. Dans un échange édifiant avec Alain Peyrefitte en 1966, il explique pourquoi l'attachement aux biens a empêché tant de Français de rejoindre la France Libre en 1940 :

"Ce qui a rendu si rares les Français libres, c'est le fait que tant de Français soient propriétaires. Ils avaient à choisir entre leur propriété - leur petite maison, leur petit jardin, leur petite boutique, leur petit atelier, leur petite ferme, leur petit tas de bouquins ou de bons du Trésor - et la France. Ils ont préféré leur propriété. [...] Ceux qui avaient à choisir entre les biens matériels et l'âme de la France, les biens matériels ont choisi à leur place. Les possédants sont possédés par ce qu'ils possèdent." -- Charles de Gaulle (C'était de Gaulle, Alain Peyrefitte, Tome 2, p. 148)
Charles de Gaulle : Les possédants sont possédés par ce qu'ils possèdent — citation Alain Peyrefitte 1966
"Les possédants sont possédés par ce qu'ils possèdent." -- Charles de Gaulle, 1966

Pour le mouvement du HNO, le constat est clair : faire le choix d'un habitat léger -- yourte, tiny house, caravane, cabane -- c'est s'affranchir de cette "petite maison" qui fige l'individu. C'est choisir la légèreté matérielle pour conserver sa disponibilité d'action et d'esprit.

Ce que de Gaulle décrit en 1966 est exactement ce que Clément David observe sur le terrain HNO depuis 2006 : les maires qui signent des chartes anti-cabanisation, les préfets qui émettent des arrêtés d'expulsion, les services d'urbanisme qui refusent les déclarations préalables de travaux -- tous agissent au nom d'un dogme de la propriété bâtie traditionnelle. Ils défendent une norme sociale, pas un droit.

Les 42 chartes départementales anti-cabanisation répertoriées par France-PC-HNO en 2024-2026 ne sont pas nées du droit -- elles sont nées de ce réflexe propriétariste que de Gaulle identifiait comme une aliénation collective. L'habitant HNO qui résiste à une expulsion injustifiée ne défend pas seulement son toit : il exerce précisément la liberté que le Général considérait comme l'âme de la France.

2e Leg : L'appel de 1969 contre la "société mécanique"

Si l'habitat léger est une libération matérielle, il est aussi un acte de souveraineté individuelle. Le 11 mars 1969, dans un discours d'une modernité absolue, de Gaulle cible le "malaise des âmes" face à une société qui déshumanise.

Ecoutez l'extrait historique du 11 mars 1969 :

"Il s'agit de faire en sorte que chacun, là où il fournit son effort, au lieu d'être un instrument passif, participe activement à son propre destin. Voilà la grande réforme française qui doit être celle de notre siècle."
Voici le transcript de cet extrait du discours historique du 11 mars 1969 :
"Comment ne pas discerner le malaise des âmes, qui, dans la société mécanique moderne, sert de ferment trop commode à ces troubles et de tremplin trop facile à ses agitateurs ? Comment ne pas reconnaître que l'impulsion de notre époque qui transforme matériellement notre pays jusqu'en ses profondeurs, exige, en même temps, qu'il change les conditions morales et sociales de son existence ? Bref, ce qui est en cause, c'est la condition de l'homme. Il s'agit, partout où des hommes qui sont ensemble pour vivre ou pour travailler, de rendre leurs rapports plus humains, plus dignes, par-là plus efficaces. Il s'agit de faire en sorte que chacun, là où il fournit son effort, au lieu d'être un instrument passif, participe activement à son propre destin. Voilà, la grande réforme française qui doit être celle de notre siècle."
Ecouter le discours complet du 11 mars 1969 sur le site de l'INA

L'Aïkido Juridique trouve ici sa définition la plus noble. L'habitant HNO refuse d'être "l'instrument passif" des promoteurs et des plans locaux d'urbanisme (PLU) hors-sol. Par l'assainissement écologique, l'autonomie énergétique et la connaissance du droit, il "participe activement à son propre destin".

Concrètement, ce "destin actif" se traduit en 2026 par quatre gestes de souveraineté : signaler son Point-Chaud sur la carte France-PC-HNO, produire un dossier de conformité (assainissement, eau, électricité), opposer la Loi ALUR et les zones STECAL aux arrêtés abusifs, et invoquer l'Article 8 de la CEDH -- droit au respect du domicile -- devant les tribunaux. Ce n'est pas de la résistance passive : c'est exactement la "participation active au destin" que de Gaulle appelait de ses voeux en 1969.

3e Application : l'argument gaullien face aux institutions

La pensée politique de Charles de Gaulle n'est pas seulement une ressource philosophique -- c'est un argument juridique et rhétorique utilisable devant les juges administratifs, les maires et les préfets. Clément David a systématisé cette approche dans sa pratique de défense HNO.

Face à un élu local ou un PLU restrictif

Rappeler que le Général de Gaulle lui-même identifiait le dogme propriétariste comme un frein à la liberté républicaine. Un PLU qui interdit toute forme d'habitat léger sur son territoire trahit cette liberté autant qu'il contourne la Loi ALUR.

Face à un arrêté préfectoral d'expulsion

Le discours du 11 mars 1969 affirme que la société doit "rendre les rapports entre les hommes plus humains, plus dignes". Expulser une famille vivant en yourte ou en tiny house sans proposer de solution alternative n'est ni humain ni digne -- c'est l'exact opposé de la réforme sociale voulue par de Gaulle.

Devant le juge administratif

Combiné à l'Article 8 CEDH (droit au respect du domicile) et à la Circulaire Hortefeux (qui distingue HNO résidentiel de cabanisation anarchique), l'argument gaullien construit un triptyque de légitimité républicaine qui dépasse le simple recours technique et interpelle la conscience du juge sur le fond.

C'est en ce sens que Clément David et France-PC-HNO parlent d'"Aïkido Juridique" : retourner la force de l'adversaire. L'Etat qui prétend expulser un habitant HNO est renvoyé à ses propres valeurs fondatrices.

Synthèse : les deux legs gaulliens pour l'Aïkido Juridique HNO

Opposer le droit au logement à l'ordre administratif est parfois insuffisant. En s'armant de la vision gaullienne, Clément David rappelle aux élus locaux et aux juges que l'habitat choisi n'est pas une "cabanisation" anarchique, mais l'expression profonde d'une liberté républicaine : celle de citoyens non-possédés, responsables et actifs.

  • 1er leg (1966, Peyrefitte) : la propriété bâtie traditionnelle aliène -- choisir une yourte, une tiny house ou une caravane est un acte de liberté, pas un délit.
  • 2e leg (1969, INA) : la participation active au destin collectif est une obligation républicaine -- signaler, documenter, résister par le droit, c'est être citoyen au sens gaullien.
  • 3e application (2026) : la carte France-PC-HNO et l'Aïkido Juridique sont les outils concrets de cette double exigence gaullienne, au service des habitants HNO de France.