À Ponet-et-Saint-Auban (26150), un camping légalement classé depuis 1998 fait l'objet d'une condamnation pénale avec exécution provisoire. Le gérant, victime d'un état de stress post-traumatique après un accident de la route, a été jugé seul. Parmi les résidents : un malade d'Alzheimer sous curatelle renforcée, une personne en attente d'AAH souffrant de fibromyalgie, un entrepreneur local président de la radio associative du Diois. Aucune solution de relogement n'existe. Des journalistes sont attendus sur site mardi 7 avril.
En 2020, Samuel Gauge acquiert l'ancien camping du comité d'entreprise de la RATP à Ponet-et-Saint-Auban — 40 emplacements, arrêté préfectoral de classement depuis 1998, permis de construire délivré le 2 février 2018 par la DDT pour une réhabilitation à l'identique. Les travaux démarrent dans les délais, constatés par huissier.
Fin octobre 2025, Samuel Gauge est victime d'un choc frontal non-responsable. Diagnostic : état de stress post-traumatique (PTSD), incapacité totale de trois mois. Son avocat met fin à leur relation. Le 27 février 2026, seul face au tribunal, il demande un renvoi. Refusé. Le 20 mars, le délibéré tombe : condamnation avec exécution provisoire — retrait des mobil-homes, suppression d'aménagements, sanctions financières lourdes.
L'exécution provisoire menace d'expulsion immédiate une dizaine de résidents à l'année. Parmi eux : Michèle Cerezo, aidante de son père atteint de la maladie d'Alzheimer, sous curatelle renforcée, qui occupe un mobil-home voisin ; Amandine Mégevand, 52 ans, souffrant de fibromyalgie, en attente d'AAH ; Axel Tholens, 28 ans, entrepreneur local, président de la radio associative RDWA.
Tous ont adressé des courriers au Procureur de la République de Valence. Aucune solution de relogement n'est identifiée dans un territoire rural où le logement est décrit comme « extrêmement difficile : cher et rare ».
En septembre 2024, Me Grégory Delhomme (Barreau de la Drôme) adressait une LRAR au Procureur démontrant l'absence d'infraction : camping autorisé depuis 1998 (arrêté préfectoral), nouvelle autorisation 2018, mobil-homes de 28 m² inférieurs au seuil de 35 m² (R.111-38), aucune autorisation d'urbanisme requise en camping autorisé (R.421-23). Il demandait le classement sans suite. Le dossier a néanmoins été poursuivi.
Ponet-et-Saint-Auban n'est pas un cas isolé. En France, 42 chartes départementales anti-cabanisation et plus de 2 000 arrêtés préfectoraux organisent la destruction systématique de l'habitat non-ordinaire. La « remise en état » se substitue partout à la procédure d'expulsion, privant les habitants de toute protection sociale. Ce camping solidaire en est l'illustration la plus brutale : un terrain légal, des gens vulnérables, un État qui préfère un terrain vide à un terrain vivant.
Samuel Gauge
570 route du Moulin et les Touches
26150 Ponet-et-Saint-Auban